Djélyfodéya n’est pas difficile à reconnaître à Tiro. Si vous venez de Faranah en direction de Kissidougou, il se trouve juste à droite du grand goudron. La entrée de Tiro est symbolique, elle est appelée Bandalifé, tire son nom de la petite rivière que l’on traverse quelques mètres après la station située à gauche, non loin du cimetière de Tiro Almamiya. Environ cinq cents mètres plus loin, s’étend Californie, un quartier vivant. Sur la gauche de la rue se trouve Sogbè, qui abrite le terrain sous-préfectoral de Tiro ; à droite, s’élève le quartier Mosquée, dominé par la majestueuse grande mosquée. Cinq cents mètres encore, le dôme de la mosquée brille entre les manguiers des Cissé, des Faro et des Oularé, car Framourou OULARÉ, dit Santos, est un fidèle serviteur de ce lieu sacré.
À l’est de la mosquée, s’étend le clan Kankabaya, fondé par le vieux Kankanba KEÏTA, mémoire vivante de la tradition. Cent mètres plus loin, le visiteur se retrouve au grand rond-point, le cœur battant de la sous-préfecture. Sur la droite, le grand marché s’anime de cris et de couleurs, tandis que la partie droite du rond-point abrite la noble famille Djélyfodéya, véritable foyer du savoir et du son. La route principale traverse ce domaine jusqu’au grand marché hebdomadaire, où se croisent marchands, griots et paysans venus de tous les hameaux. À gauche, la route administrative mène à la mairie et à la sous-préfecture, à peine deux cents mètres plus loin.
Des deux côtés du rond-point, la vie culturelle bat son plein : à droite, le club de nuit Djélyfodéya, lieu de rires et de danses ; à gauche, la grande permanence, berceau des premiers talents de la scène locale: Gnalé-Mamarè, Bafemba, Damba-Koura Fanta, Djelimoussoko-badan, et tant d’autres y ont fait vibrer le cœur de Tiro. Non loin de là, à quelques pas seulement, s’élève l’école primaire Tiro 1, nichée sous des manguiers ombrageux, face à la famille Moussadouaya. Quelques mètres encore, et l’on atteint Fandjokô, la rivière nourricière. Ses eaux limpides caressent les rives de Tora Bora surnommée Harlem-Cité, un quartier vivant où l’on se souvient d’Ibrahima Karny OULARÉ, dit Bic-Birama, l’exhubérant Lopez.
Sur cette rivière, à gauche de la route, se dressent le centre de santé de Tiro et le grand collège, havre du savoir, d’où sont sortis tant de fils respectueux et dévoués de cette terre. Fandjokô s’unit à Bengalikô, rivière sœur, dans un ballet d’eaux et de reflets, serpentant entre les maisons modernes et les stations animées de Djala-Kôrô.
Tiro, dans son essence, est une sous-préfecture en perpétuelle croissance. Elle s’étend, respire et s’épanouit vers de nouveaux horizons : demain naîtront encore des quartiers comme Laya-Sandô, Nandalifè, Forodou-Koura, Sida-Kôrô, voire Firawali au lieu des districts à part entière.
Ce lieu, vibrant d’histoire et de promesses, continuera de grandir, portant dans son sein des âmes brillantes, des bâtisseurs de paix, et des figures qui marqueront, à jamais, la mémoire de la nation guinéenne. Mes sincères salutations au premier préfet de cette préfecture en retardement et je compatis à la douleur des têtus.
Suite dans le tome 3 de la série littéraire “À L’ÉCOUTE DES GRANDES VOIX”

