Si ici ressemblait à là-bas,
Tu sentirais battre le temps,
Cette voix discrète qui murmure :
« Profite de la vie avant le vent. »
Car le temps, ce maître invisible,
Est le plus grand voleur des jours ;
Il avance, calme et terrible,
En effaçant nos vieux contours.
Si là-bas devenait Hamac,
Les élèves, portés par l’ambiance,
Danseraient sous les éclats des rires,
Aux couleurs vives de la réjouissance.
Les cris joyeux mêlés aux chants
Feraient vibrer toute la cour ;
Ce serait la fête des consciences,
La fraternité vêtue d’amour.
Qui es-tu pour nier la joie
Qui rayonne dans ces instants ?
Qui es-tu si ton cœur demeure
Muet face aux sourires vivants ?
Ici, nous vivons dans l’union,
Loin des rancœurs et de la haine ;
Nous partageons les mêmes rêves,
Comme une seule et grande chaîne.
Si tu savais lire les sourires
De la douce Mamaïssata,
Et les poses photogéniques
De l’élégante Mabinty Camara ;
Si tu voyais Kadiatou,
Aïssatou dans leurs actions,
Et Mariam Diaby portant
La grâce au cœur des réunions ;
Tu viendrais sans perdre un instant
Vers cette école de l’excellence,
Benna, ce jardin du savoir
Où grandissent rêves et espérance.
Tu trouveras Monsieur Doss,
Toujours prêt pour tes dossiers ;
Et Sékou Keïta, le comptable,
Qui t’accueille avec dignité.
Monsieur Barry, homme rigoureux,
Déteste le retard trompeur ;
Mais il combat aussi le vide
Qui condamne les jeunes cœurs.
Il aime voir chaque élève
Marcher vers un meilleur destin…
Et Monsieur Tiro, l’an prochain,
Restera-t-il sur ce chemin ?
Ici, les filles sont des étoiles,
Des scorpions joyeux et charmants,
Qui piquent les garçons de rire
Dans des éclats étourdissants.
Une douleur douce et festive
Qui suspend le cours du temps,
Comme une chanson passagère
Qui reste au cœur longtemps.
Si ici ressemblait à là-bas,
Tu verrais un homme debout,
Un artiste qui lutte et crée,
Même quand la route devient floue.
Comme Monsieur Karim Egzon,
Auteur, écrivain de passion,
Qui transforme les mots fragiles
En lumière et en action.
Tous droits réservés
Karimtiro



