Écrire entre deux mondes

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Je suis arrivé à Bruxelles avec deux livres dans mes bagages et une question qui ne me quitte pas : que voyons-nous vraiment quand nous croyons voir ?

Le premier livre, « La Reine du Fouta Djallon », est né d’un dialogue entre deux Afriques : la Guinée du Fouta Djallon et Kinshasa. Deux mémoires, deux paysages, une même soif de récit. Le second, « Rouge et Réalité », interroge le regard lui-même : notre esprit sélectionne, filtre et structure les informations avant même que nous en ayons conscience.

Écrire entre deux mondes, c’est accepter que le regard n’est jamais neutre. Ce que je vois de Bruxelles, je le vois avec les yeux de Kinshasa. Ce que Bruxelles verra de mes livres, elle le verra avec ses propres filtres. Et c’est très bien ainsi : la littérature commence là où deux regards se rencontrent sans se confondre.

La littérature africaine francophone souffre d’un déficit de visibilité en dehors de ses frontières. Ce n’est pas un manque de voix, c’est un manque de ponts. Chaque rencontre, chaque lecture, chaque conversation est un pont de plus. C’est pour cela que je suis ici cette semaine : pour lancer des ponts entre Kinshasa et Bruxelles, entre le Fouta Djallon et la place des auteurs.

Je vous invite à traverser avec moi. Dites-moi : que voyez-vous, vous, quand vous lisez ?

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